Une vignette pour les véhicules non polluants ?
Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) visaient à limiter la pollution urbaine. Pourtant, les voitures électriques, qui ne rejettent aucun gaz d’échappement, devaient elles aussi afficher une vignette Crit’Air. Une obligation qui a suscité de nombreuses incompréhensions.
Pourquoi apposer un macaron sur un véhicule zéro émission ? Les propriétaires de voitures électriques devaient commander une vignette de classe 0, prouvant qu’ils roulaient propre. Une démarche payante, bien qu’inutile d’un point de vue écologique ou pratique.
Suppression de la carte verte : un précédent révélateur
Depuis avril 2024, la carte verte d’assurance n’est plus obligatoire sur le pare-brise. Grâce au fichier des véhicules assurés (FVA), les forces de l’ordre peuvent vérifier l’assurance via la plaque. Cette simplification administrative a permis de supprimer l’impression de millions de documents.
Pourquoi ne pas avoir appliqué cette logique aux vignettes Crit’Air ? Les caractéristiques des véhicules sont déjà accessibles via l’immatriculation. Il aurait suffi d’interroger un fichier centralisé pour savoir si un véhicule peut circuler en ZFE.
Écologie et contradictions administratives
L’État a vanté, à juste titre, les économies écologiques de la suppression de la carte verte : 1200 tonnes de CO2 économisées chaque année. Pourtant, il imposait encore l’impression et l’envoi postal des vignettes Crit’Air.
L’achat d’une vignette Crit’Air, même pour un véhicule électrique, générait donc à nouveau une empreinte carbone. Tout cela pour un autocollant dont la pertinence est discutable, car une simple plaque d’immatriculation pourrait suffire à identifier un véhicule propre.
Des exceptions multiples qui brouillent le message
Le système Crit’Air comportait de nombreuses dérogations. Par exemple, un véhicule roulant moins de 6 000 km par an pouvait circuler librement en ZFE. De même, les véhicules de collection ou de plus de 30 ans bénéficiaient d’une vignette spéciale, malgré leur fort taux de pollution.
D’autres dérogations s’appliquaient aux véhicules d’urgence, de chantier ou agricoles. Cette multitude d’exceptions affaiblissait le principe de base du dispositif : limiter les véhicules polluants dans les centres urbains.
Les voitures électriques enfin exemptées ?
À partir de mai 2025, les vignettes Crit’Air pour les véhicules ne seront plus obligatoires. Mais elles resteront en vigueur sur Paris et Lyon. D’autres villes pourraient demander leur imposition sur le pare-brise. Cette suppression pour les véhicules électriques pourrait pourtant s’inscrire dans une volonté de simplification et de bon sens. Ces véhicules sont identifiables facilement : ils n’ont pas de pot d’échappement et dans d’autres pays, leurs plaques sont différenciées.
La France aurait pu opter pour cette solution dès le départ. Distinguer les voitures électriques via l’immatriculation aurait évité des démarches inutiles. Au lieu de cela, on a imposé un autocollant, dont l’utilité est discutable, pour faire « plus simple ».
ZFE en fin de vie : une stratégie à revoir
L’abandon progressif des ZFE en 2025 signe la fin d’une stratégie critiquée dès ses débuts. Mal appliquées, mal comprises, ces zones n’ont jamais pleinement rempli leur rôle. Le retrait de l’obligation de vignette Crit’Air pour les électriques s’inscrit dans cette tendance.
Imposer un dispositif administratif à un véhicule propre semble aller à l’encontre de l’objectif initial.
Conclusion : une simplification bienvenue, mais tardive
Supprimer la vignette Crit’Air pour les voitures électriques est une décision logique. Et pourtant, elle devrait rester obligatoire dans certaines villes.
L’avenir doit aller vers des systèmes automatisés, numériques, et intelligents. La technologie permet déjà de contrôler les véhicules à distance. Utilisons-la pour simplifier, économiser et surtout, être cohérents.


